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Révolutionnaires

affiche_marche_5_mai_3013Voilà, eux sont révolutionnaires, eux, à l’époque, auraient agi avec les mêmes piques, les mêmes sabres, et la même soif de sang que leurs anciens.

Ce bonnet, cette cocarde sur leur affiche, ne souffrent aucune ambiguïté.

Demandez à n’importe quel sympathisant Front de Gauche et PC, il vous l’affirmera : pour les tyrans, les aristos, les curés et les nonnes de l’époque, la guillotine fut nécessaire pour sauver la nation. Ah j’en ai entendu, pendant les printemps arabes, des jeunes terrifiants de bêtise, oser devant les assauts des rebelles islamiques :

« En France il a bien fallu beaucoup de sang pour créer la démocratie, alors c’est normal qu’il y ait des morts là-bas ». 

Vous pourrez dire ce que vous voulez sur le symbolisme français. Devant la juste et calme remarque de Jean Sévilla, les « Mariannes pour tous » auront beau trouver une belle plume pour défendre leur choix, ce bonnet me répugne. Bien sûr, ces damoiselles ont un engagement fort et remarquable. Ces jeunes filles vont donner de leur temps, de leur énergie, voire prendre le risque de se retrouver « publiées » et « reconnues » par leur entourage professionnel ou étudiant. Ces jeunes filles se battent, évidemment. Mais….

Se fendre d’une belle réponse au style soigné, et broder sur les mosaïques byzantines et les rois mages , il ne faut avoir peur de rien. En présence d’un journaliste, qu’un groupe s’approche d’elles, avec un drapeau frappé d’une croix celtique, issue des vielles traditions bretonnes, et c’est l’infamie condamnée. Monsieur Sévilla l’a finement  et discrètement évoqué dans sa remarquable « réponse à la réponse »,  je ne développerai pas l’impensable usage de la croix brisée hindouiste, frappée à jamais d’infamie. Pourtant, c’est la même histoire de symboles. Me dira-t-on :  « Alors là, ça n’a rien à voir vous comprenez, ne mélangez pas tout, encore un point Godwin, vous simplifiez, etc etc ».

Ah c’est facile, il faut oublier les horreurs de la révolution, mais il faut quand même se réclamer de la révolution. Si le bonnet fut, bien avant la révolution, un symbole de liberté, porté par les esclaves libérés (mais non pas révoltés), il fut d’abord porté par des rois, bien loin d’une quelconque « expression de désaccord ». Celle expression ne date que et de la révolution, et baigne dans le sang, le sang des justes. « Le phénomène révolutionnaire » comme le dit  monsieur Sévilla, est ce qui a donné naissance à l’idéologie de Madame Taubira. Non, porter le bonnet phrygien ce n’est pas une ironie de l’histoire, c’est un attrape-couillons, excusez-moi l’expression. Et un attrape-couillons intolérable, celui-là même qui fait croire que parce que tout le monde à le droit de mettre son bulletin dans une urne, le pouvoir poursuit le Bien-Commun. Celui-là même qui a voulu croire que le gouvernement écouterait une syllabe prononcée par un manifestant.

La réponse des « Mariannes » se termine par une phrase qui reste pour moi obscure : « Le symbole d’une vérité simple, non d’une vérité historique ». Opposer, dissocier « simple » et « historique » est tout simplement dangereux. Dans cette phrase, je revois Christiane Taubira, dissociant sans arrêt les lois de la nature et « sa vérité ».

Non, regardez le Front de Gauche, le PCF. Eux méritent le bonnet phrygien et la cocarde sur leurs affiches. J’ai honte, qu’on puisse de loin confondre une affiche des opposants au mariage pour tous et celles du Front de Gauche. Et pourtant, c’est ce qui arrive….

Ne pas se dissocier, tirer dans le même sens, évidemment, c’est indispensable aujourd’hui : et ce n’est pas toujours aux autres de le faire à votre place. Et il ne s’agit pas ici de mettre en avant la sacro-sainte « Tolérance républicaine ». Ces bonnet phrygiens causent des dissensions, des énervements, la solution est simple…. Enlevez les, et tout ira mieux.

Juste pour illustrer tout cela, je me permet de citer un article du Monde d’avril 2012 : cela vaut plus que des longs discours.

Jean-Luc Mélenchon avec cocarde et bonnet phrygien

Manifestation Front de Gauche, 18 mars 2012 . Olivier Coret/fedephoto pour « Le Monde »

La « Grande Révolution », comme la désigne fréquemment le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, hante ses discours. Il n’aime rien tant que d’évoquer les souvenirs de 1789, sinon ceux de 1793. Symbole parmi tous, « sa »  prise de la Bastille, le 18 mars, où des dizaines de milliers de personnes s’étaient pressées autour de la colonne de Juillet, est devenue une référence dans ses meetings.

(…)

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