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Bonnet, devoir de mémoire et manifestations

(PS : en murissant ce texte, je découvre que Jean Sévilla vient de sévir dans le même sens. Un espoir – bien faible – naît

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Appartenir à une « race » bannie et être trahi par un nom évocateur, dénoncé par ses voisins, ses amis, refuser que l’état contrôle sa religion, cacher, couvrir ou soutenir d’autres « traqués », voici les crimes pour lesquels, dans l’une des époques les plus horribles de notre histoire, l’Etat totalitaire envoyait en prison, parquait, torturait, et mettait à mort dans les pires conditions et avec enthousiasme ses propres citoyens.

C’est dans l’horreur de ce souvenir que j’ai été élevé depuis ma plus tendre enfance. Lorsque des mémoriaux ont été érigés, j’étais présent enfant, aux pieds de mes parents. Je connais par cœur les chants de résistance, hurlés sous les balles et les bottes des uniformes vendus. Dans le jardin de la maison où mon grand-père fut enfant, une stèle rappelle la blessure à mort d’un des chefs de cette résistance héroïque. Ce devoir de mémoire, ce n’est pas une charge, c’est un héritage : dans mes veines coule le sang qui fut alors versé. Ce sang, il était dit impur, il était dit qu’il souillait la terre de France, il était chanté qu’il fallait le verser, et cela a été fait : c’est le sang des Vendéens. Ce chef héroïque, c’est Lescure. Ces tortures, ces mises à mort, ce sont les empoisonnements au gaz d’alors, les mines, ces prêtres et religieuses noyés, liés nus l’un contre l’autre, les écorchements vifs et les fabriques de vêtements en peau d’humain, et toutes ces horreurs commandées par Robespierre et les Comités de Salut Public. Tout cela est raconté dans le livre de Reynald Sécher, avec force de preuves et détails.

Dans l’horreur la plus complète, les guillotines ne suivaient plus la cadence des exécutions, il fallait les renforcer, les doubler. Le sang n’était plus nettoyé, et la puanteur infecte de l’infamie criminelle s’élevait dans les rues, autour de la lame criminelle.

Aujourd’hui, on ne peut être plus fier d’être français que moi. Ce sang, à chaque génération, à encore coulé sur tous les fronts, au service de la patrie. Aujourd’hui, je suis fier également de descendre dans la rue défendre le mariage, sauvagement attaqué par ces nouveaux traîtres au pays et à la plus élémentaire loi de la nature. Ces derniers temps, je suis plus souvent dans la rue que chez moi. Mais, lorsque résonne la Marseillaise, lorsque en cœur, des foules entières chantent à plein poumon : « Qu’un sang impur abreuve nos sillons », mon cœur bondit à chaque parole. C’est l’hymne national, il n’y en a pas d’autres, et tous ces gens chantent leur patriotisme. Soit. Les générations de soldats familiaux ont un peu apaisé cette plaie.

Par contre, quelle douleur : ces bonnets phrygiens fleurissent partout, ceux qui furent souillés du sang de mes ancêtres, ceux qui décoraient chaque guillotine, chaque Comité de Salut Public, ceux qui portaient des têtes sur des piques, ceux qui décapitaient même les statues, ces bonnets qui traquaient les prêtres réfractaires, ceux qui sont glacés à tout jamais d’une marque d’infamie.

Ah s’il vous plaît, rangez ces bonnets, brulez-les même, ne prenez pas sur vous ces crimes odieux. Lorsque vous les mettez, vous appelez le sang. Le mien.

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